Papier découpé
Le papier découpé a plusieurs applications.
Le papier découpé a plusieurs applications.
Traditions
C'est un art chinois, le jiezhi surtout pratiqué dans la province du Jiangsu, du Shaanxi ou la péninsule du Jiaodong depuis plus de 2 000 ans, traditionnellement pratiqué pour la Fête du printemps (nouvel an lunaire chinois) (voir Papier-découpé chinois).
Il est en particulier connu en occident sous son nom japonais, l'origami, qui est plus un travail de pliage que de découpage. Au Japon, les Kirie (papier découpé), les Kirigami (papier plié et découpé) et les Katazome (pochoirs pour textiles) sont aussi des techniques dérivées.
- Dans la tradition juive, des artistes découpent les contrats de mariage, appelés ketubah papiers découpés, calligraphiés et peints.
- En Allemagne, appelés scherenschnitte, ainsi qu'aux Pays-Bas, appelés papiersnyden, en noir et blanc, ils représentent des scènes paysannes.
- En Pologne, appelés Wycinanki, en couleurs vives, ils sont surtout utilisés lors des fêtes de Noël et de Pâques.
- En Suisse, le papier découpé est une tradition folklorique très vivante, particulièrement au Pays d'Enhaut.
Histoire
On parle aussi, au pluriel, de papiers découpés, ou de découpage, ou encore de Canivets en référence au petit canif qui peut être utilisé.
On ne peut dire avec précision à lorsque remonte la technique du papier découpé. Elle remonte probablement à la nuit des temps. Les Chinois la pratiquaient avant les Européens. La technique est certainement arrivée en Europe via la Perse et les Balkans : elle est attestée en Europe centrale dès 1600.
Au XVIIe siècle, en pleine Contre-Réforme, le découpage est devenu une activité privilégiée des religieuses de Suisse, d’Allemagne et d’Autriche, mais également en France, avec des traditions marquées à Lyon ainsi qu'à Besançon, dont s’inspirent les sœurs de Montorge à Fribourg (Suisse), ou celles de la Visitation et de la Maigrauge. On parle, pour cette technique méditative (ou contemplative), de Spitzenbild ou de canivet : le découpage est réalisé littéralement à partir d'un canif.
Au XVIIIe siècle, l'art de la Silhouette (Étienne de Silhouette (1709-1767), était contrôleur général des finances en 1759 sous Louis XV) influence le papier découpé. À Genève (Suisse), l’art de la Silhouette se popularise grâce à Jean Huber, qui œuvre sans dessin préalable. Ses «tableaux en découpures» l'ont rendu célèbre, de même que ses caricatures irrévérencieuses de Voltaire. L'art du découpage devient un divertissement des classes bourgeoises : à l'époque, une fille de bonne famille se doit de pratiquer l'art du découpage.
Dès le début du XIXe siècle, avec les portraits-ombres, les classes moyennes commencent à avoir accès au découpage. Comme plus tard chez le photographe, le commanditaire d’une silhouette prend la pose. Plus celle-ci est grande et compliquée, plus elle est chère : c'est la raison pour laquelle les portraits se limitent fréquemment à des têtes. La photo ne se diffusera auprès du grand public qu'après 1884, avec Eastman et Kodak.
En Suisse, le découpage se répand progressivement à la campagne. Les premiers découpeurs suisses dont on connaît le nom, originaires de la campagne, vivaient au XIXe siècle entre le Saanenland et le Pays d’Enhaut. Parmi eux, les plus connus sont probablement Johann Jakob Hauswirth (1809-1871) et Louis Saugy (1871-1953).
Animation
Le papier découpé est aussi une technique de film d'animation, utilisée surtout par Paul Grimault (qui a aussi utilisé une variante, aimentée, les férocard ), René Laloux (La Planète sauvage), Michel Ocelot (Princes et Princesses), Terry Gilliam (Monty Python's Flying Circus), Youri Norstein et qui a donné lieu au seconde long métrage d'animation de l'histoire du cinéma d'animation, Les Aventures du prince Ahmed (Die Geschichte des Prinzen Achmed) de Lotte Reiniger. Parmi d'autres pionniers du genre on compte l'Allemand Julius Pinschewer, et le Tchèque Karel Zeman, surtout dans Sindbad le Marin (1974).
Ces techniques ont eu aussi un certain succès dans les séries télévisées telles que Papivole de Pierre Levie (Belgique), Coa-coa-o (Italie, plus de travail de pliage), quelques séries chinoises et d'URSS ou bien le générique et quelques séquences de la série britannique Monty Python's Flying Circus. Plus récemment cette technique pour les séries animées est revenue dans la à présent célèbre série South Park des Américains Matt Stone et Trey Parker. Les personnages sont simples et enfantins, mais le discours que cette simplicité peut cacher est d’autant plus important. South Park est une critique virulente de la société américaine, habilement dissimulée derrière une chronique provinciale.
Voir aussi
Références externes
- L'art folklorique du papier découpé de Gaomi, en Chine
- Référence sur l'utilisation dans différentes cultures
- Papyromania
- Musée du Vieux Pays d'Enhaut Château d'Œx
- Un coupeur de papier moderne d'Amérique
- Animation : Papier Découpé de l'EESA
- Le monde du papier découpé : les liens de Béatrice Coron
- Site dédié à l'art chinois du papier découpé, représenté par la famille Zhou
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![]() "... pas au papier découpé bien sûr, ..." |
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Catégories :
Loisir créatif - Tradition - Papier - Technique d'animation - Technique cinématographique
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 08/10/2008.
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